MARSON

Eglise Sainte-Croix

 

 

1_SteCroix_MARSON_72dpiHistorique

 

 

Marson est un ancien fief et une seigneurie relevant de La Tour de Ménives qui appartenait à la famille de la Grézille.

 

Le curé de Chétigné ne célébrant plus l’office en mémoire des seigneurs fondateurs, Jacques Duboys, alors seigneur de Marson et petit-fils de Catherine de Quatrebarbes, le traduisit devant le tribunal ecclésiastique, au début de 1579. A la fin de la même année, il obtint gain de cause avec la désignation à demeure d’un vicaire et d’un chapelain de Sainte Catherine ainsi que l’érection de la chapelle en succursale désormais dédiée à la Sainte Croix.

 

Une fondation du seigneur de Marson obligeait les moines de l’abbaye de St Florent à distribuer le jour de la Toussaint à chaque ménage pauvre des 13 paroisses de leur mouvance féodale, 4 livres de bœuf et 2 miches de pain, redevance remplacée à partir de 1675 par une rente de 18 sous.

Durant la première moitié du 18e siècle (de 1704 à 1744), les relations vont devenir difficiles entre le curé de Chétigné et ses vicaires qui veulent s’affranchir de sa tutelle en s’attribuant soit le titre de « curé » soit celui de « recteur ». En 1715, le vicaire Abel Valette ayant fait fondre une cloche, le curé de Chérigné obtient de l’évêque que soit effacé le titre de « curé » » qu’il y avait fait inscrire.
La même année, les habitants de Riou qui dépendaient alors directement de Chétigné, s’appuyant  sur  les revendications du vicaire, demandent leur rattachement à la paroisse de Marson, ce qu’ils n’obtiendront en fait qu’à la Révolution avec la création de la commune et paroisse de Riou-Marson qui fusionnera en 1846 avec Rou pour donner l’actuelle commune de Rou-Marson.

 

Parmi les seigneurs de Marson,  on peut citer Urbain de Maillé-Brézé (1644-1650) et Louis de Bourbon, prince de Condé, époux de Claire Clémence de Maillé,(1650-1686), « le Grand Condé ».

L’église a connu plusieurs campagnes de restauration en 1985, 1986 et 1989 pour la maçonnerie, la charpente et la couverture, en 1993 pour les statues et les vitraux.

Elle est inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments historiques.

 

 

Description

 

 

Elle a la forme d’une croix latine orientée  aux bras très courts.

On distingue deux parties différentes : la nef du 12e siècle  et le chœur du 15e- 18e siècles.

 La nef unique romane n’est autre que la chapelle primitive. Des fenêtres étroites  ébrasées à l’intérieur l’éclairent au nord.

DSC04382Une porte, à cintre brisé, s’ouvre dans le mur latéral sud au-dessous d’un porche en bois. Elle est encadrée d’un boudin continu et l’archivolte qui la surmonte, est ornée de dents de scie. L’archivolte est surmontée d’un écusson très dégradé dans lequel on pourrait distinguer l’emblème des compagnons (le compas et la règle).

Sur les murs, on distingue aussi des graffiti médiévaux : des lettres gothiques, un calvaire, un cadran solaire.

La fenêtre a été agrandie probablement au 15e.

La façade ouest qui n’a ni porte ni fenêtre, est épaulée de deux contreforts rectangulaires et couronnée d’un clocher-campanile dans lequel sont percées deux baies jumelles en plein cintre.

A l’intérieur la nef est remarquable par sa très belle charpente en forme de berceau ou de carène de navire renversée. La grande finesse des entraits et poinçons en fait un exemple rare.

Les fonts baptismaux médiévaux sont formés de deux bassins sur un pied unique en calcaire dur.

Au niveau du transept,  de part et d’autre de la baie, se trouvent les statues de Saint Jean-Baptiste et de Saint Sébastien qui datent du début du 18e siècle  et qui ont conservé leur polychromie d’origine.

La chaire octogonale est du 18ème ou du 19ème siècle.

La seconde partie de l’église, de la fin du 15e  - début 16e, comprend le chœur flanqué de deux chapelles formant transept. A gauche celle de la Vierge dont la statue de la fin du 17e, est un peu antérieure à celle de Sainte Catherine d’Alexandrie à qui est dédiée la chapelle de droite.

Les voûtes  des croisillons et du chœur qui sont en forme d’arceau à deux croisées d’ogives avec nervures, sont toutes différentes. La clef de voûte du chœur porte l’écu de la famille de Quatrebarbes.

Le 15 août 1762 la charpente de la croisée du transept s’effondra.  Elle fut reconstruite deux ans plus tard aux frais du curé mais de façon plutôt grossière. Le chœur à chevet plat est éclairé par des baies qui ont conservé leur remplage flamboyant. La sacristie construite en 1766 au sud a été supprimée lors de la restauration de 1985

 

Références bibliographiques

 

Célestin Port, Dictionnaire historique de Maine-et-Loire, 1874 et mise à jour 1978.

Chanoine Charles Urseau, Eglises et chapelles d’Anjou, 2011

Répertoire archéologique de l’Anjou, 1866.

Association de sauvegarde du patrimoine de Rou-Marson, 2010.

Conservation des Antiquités et Objets d’Art, dossier Marson.

 

                                                                                                              Annick Adam

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