MEIGNE-SOUS-DOUE 

Eglise Saint-Pierre

 

2_StPierre_MEIGNE_s_DOUE_72dpiHistorique

 

La paroisse est attestée dès la fin du 10e siècle mais l’église actuelle est le résultat  d’une construction qui s’est déroulée entre le 11e et le 13e siècle.

Au 10e siècle les moines de St Florent étaient seigneurs de la plus grande partie de la paroisse mais les moines de St Maur qui possédaient un domaine à Cru,  voulurent y édifier une église. Ils durent y renoncer en 994 par jugement de l’évêque d’Angers Renaud et restituèrent aux moines de St Florent, les dîmes appartenant à la paroisse de Meigné.

Cet édifice figure dans les actes en tant qu’église à la fin du 11e  siècle et en 1122. Il est ensuite qualifié de Chapelle.

 

Au 18e siècle, la paroisse avait pour seigneur le châtelain de la Tremblaie et dépendait de l’Archiprêtré et de l’Election de Saumur.

 

Au milieu du 19e siècle, l’église fut jugée trop petite et l’architecte Charles Joly-Leterme refit en 1861une nouvelle travée occidentale accessible par un portail neuf  et fit disparaître la voûte lambrissée de la nef sous un berceau de plâtre.

Quelques années plus tard, en 1875, l’architecte saumurois  Roffay dirigea la restauration générale de l’église.

 

En 1969 la protection de l’église fut demandée lors d’une délibération du Conseil Municipal et en 1974, les parties anciennes de l’église furent inscrites à l’Inventaire Supplémentaire des monuments Historiques.

 

Description

 

L’église dédiée à St Pierre est en partie enclavée dans les dépendances de l’ancienne cure, au sud.

 

Au nord, depuis le cimetière on voit bien le mur latéral de la nef qui est la partie la plus ancienne. Ses dimensions primitives étaient de 7,40 m  sur environ 1, 75 m. Elle fut allongée lors de la restauration de 1860. Autrefois charpentée comme le montre l’absence de contreforts et de supports intérieurs, la nef unique est construite en moellons irréguliers et est éclairée de baies très étroites, caractéristiques du 11e siècle  que l’on retrouve à Distré, Genneteil, Vieil-Baugé…

 

Le chevet roman est du  12e siècle.
La grande porte ogivale à double voussure est du 13e siècle.On y voit de nombreux graffitis.

 

Le chœur et la croisée construits en pierre de taille de tuffeau sont postérieurs.  Le chœur possède 2 chapiteaux  du deuxième quart  du 12e ; la croisée est couverte d’une voûte d’ogives du  dernier tiers du 12e

 

« Le clocher entre nef et sanctuaire souligne la permanence à l’époque gothique de la formule de nef étroite et du clocher sur travée mise au point un siècle plus tôt » (Jacques Mallet)

 

Le clocher avec ses baies géminées en arc brisé avec colonnes à chapiteaux végétaux à crochets est fin 12e –début13e. La flèche de pierre, à l’origine sans doute du 13e, fut reprise au 18e comme l’attestent les 4 lucarnes à ailerons qui flanquent les angles.

 

A l’intérieur, mis à part les fenêtres romanes qui sont ébrasées, tout l’ ensemble décoratif est du 18e avec une progression théâtrale que nous retrouverons à Forges et dans une moindre mesure à Artannes.

Ici, le mobilier est tout en tuffeau.

DSC04390A l’entrée, le très beau bénitier dont le pied est orné de quatre petits enfants nus à l’image des Putti, est l’œuvre du sculpteur Claude Cordier* qui séjourna à la cure de 1723 à 1725.  Claude Cordier exécuta aussi  la chaire avec les 4 Evangélistes sculptés sur les panneaux  et les rares bas-reliefs des deux autels latéraux : à droite le Baptême du Christ, à gauche l’Assomption de la Vierge. Le travail de Claude Cordier a été exécuté sous  « le regard » de l’architecte René Leroy qui dirigea l’œuvre de décoration de l’église en 1724-1725.

 

Au fond de la nef et du chœur sont conservées les armes sculptées d’un abbé portant dans le champ trois écrevisses.

Une arcade, à arêtes vives du côté de la nef et à double voussure du côté opposé, donne accès au chœur qui date du 12e  siècle et comprend une travée droite voûtée en berceau brisé et une abside en cul de four.

 

Le grand retable est orné de très curieuses statues de St Pierre et St Paul avec les attributs des papes du 18e siècle. Chacune est posée sur un très beau piédestal. Elles datent de 1722 et sont l’œuvre d’un sculpteur flamand Mansard** qui a décoré aussi l’église de Bagneux.

Le long des pilastres, on retrouve le décor des objets du culte : ostensoir, calice, chandelier, aiguière…

 

Le maître-autel, comme les autels latéraux, est l’œuvre de René Leroy. Sur l’entablement se voit  l’image de Saint Gilles, saint patron de Gilles Meschin, curé de mars 1716 jusqu’à sa mort le 22 avril 1760,  lequel finança les importants travaux de mise en valeur intérieure de son église. C’est lui qui fit venir les artistes cités plus haut et les logea au besoin, notamment Claude Cordier.

 

Ce souci de la beauté et du respect des lieux le fit entrer en conflit à plusieurs reprises avec le seigneur de la Tremblaye, Urbain Du Doré,  qui possédait dans le sanctuaire deux bancs, l’un pour lui, l’autre pour ses domestiques et…ses chiens de chasse. Gilles Meschin fit tout enlever et fallit être assassiné par ledit seigneur.

 

* Claude Cordier, sculpteur  travailla également à Saint-Nicolas-d’Angers et à Saint-Hilaire-Saint-Florent de Saumur.

** M… Mansard sculpteur flamand travailla de 1719 à 1720 à l’église de Bagneux

 

Références :

Jacques Mallet, L’art roman de l’ancien Anjou, Picard, 1984.

F. Jeanneau, architecte en chef des Monuments historiques, Etude préalable à la restauration du clocher, oct. 1997.

Célestin Port, Dictionnaire historique de Maine-et-Loire, éd. de 1874 et nlle éd. 1978.

Chanoine Urseau, Eglises et chapelles d’Anjou, éd de 2011.

Conservation des Antiquités et Objets d’Art, dossier Meigné-sous-Doué.

                                                                                                                           Annick Adam

 

 Pour imprimer, cliquez sur ce lien: Meign_

 Les photos sont disponibles dans l'album photo sur le bandeau de gauche.