Montfort

Eglise Saint-Hilaire

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Historique

Située sur une butte, à l’un des points les plus élevés du plateau de Doué,

Montfort faisait partie d’une immense villa royale donnée par Charlemagne au Chapitre de Saint-Maurice d’Angers : la Villa spinacra » (qui a donné Epinas) qui s’étendait aussi sur Douces et sur  Brossay.

La première église, située à Saint Hilaire, est mentionnée au 11e siècle.
L’église sous le vocable de saint Hilaire, comme celle de Douces, fut restituée en 1001 par l’évêque Raynaud au Chapitre de Saint-Maurice dont le chanoine semainier conservait la présentation.

Au 12e siècle, la butte vers le Nord fut fortifiée et devint le centre d’une paroisse qui prit le nom de Montfort tandis que le château seigneurial conservait le nom d’Epinats.

L’église paroissiale s’élevait à l’extrémité sud du territoire au carrefour de deux routes, l’une menant de Douces à l’abbaye d’Asnières et l’autre de Brossay à Cizay…

L’église fut détruite pendant les guerres de religion. Ses vestiges forment une closerie dite Saint Hilaire transformée en maison d’habitation

Après la destruction de l’église, le service paroissial fut transféré dans la chapelle actuelle.
Conservée à simple titre d’oratoire avec desservant de 1808 à 1846, elle fut réunie à cette date à la paroisse de Cizay

De l’autre côté de la route, à l’angle de la propriété du château d’Epinats, le petit escalier, encore existant de nos jours, permettait aux seigneurs d’Epinats de venir assister aux offices religieux.

 

Description.

L’église actuelle est un ensemble architectural du 13e siècle comme le montrent les traces des deux fenêtres du chevet plat.

Le mur du chevet plat  est épaulé aux angles, de même que celui de la façade, par des contreforts arrondis qui se terminent en colonnes. Ces quatre contreforts circulaires sont uniques pour un édifice religieux (il en existe également quatre au château de Loches).

La façade Ouest sur laquelle apparaît la trace de fenêtres anciennes, a été surélevée à plusieurs reprises.

Au 17ème siècle, l’église subit un remaniement important : un grand retable fut édifié entraînant la suppression des deux fenêtres du chevet plat. Nous le verrons à l’intérieur.

Le clocher s’élève au-dessus de l’entrée du chœur. Il se compose d’une cage octogonale en ardoise et d’une petite niche qui a été reconstruite en 1912.

La nef unique, sans bas-côtés ni transept, forme un long rectangle couvert d’une voûte de plâtre et  se termine par le  chœur à chevet plat qui a permis  l’installation du retable.

 

 Le retable

Il est de la fin du 17e  ou du début du 18e siècle et serait dû à la générosité des seigneurs d’Epinats.DSC04426

Le retable offre un intérêt à la fois historique et artistique. Il connaît un développement important au lendemain des Guerres de Religion où le renouveau spirituel, issu de la Contre-Réforme, entraîne la transformation du décor des églises et pour l’assemblée paroissiale une véritable mise en scène des grands mystères de la religion afin de les rendre plus accessibles et plus familiers.

Le retable est l’œuvre d’architectes et sculpteurs  dont les plus célèbres appartiennent à l’école lavalloise avec la dynastie des Corbineau. Toutefois, l’originalité et la qualité des réalisations dépassent largement les limites du Maine pour gagner l’Anjou où vont œuvrer Pierre Corbineau avec le retable de la chapelle des ursulines à Angers (1642-1653) et Pierre Biardeau à la chapelle de la Barre* puis à Saumur à Notre-Dame des Ardilliers. On peut rapprocher ce retable de celui de Grez-Neuville (1697)

Le retable de Montfort est peut-être  plus tardif mais il est typique de la Contre-Réforme : trois parties sur deux registres.

Au registre inférieur les statues polychromes de saint Hilaire et de saint René encadrent  la Transfiguration du Christ, à l’étage supérieur un beau portrait, d’après Philippe de Champaigne, de Charles Borromée, évêque de Milan, figure exemplaire de la Contre-Réforme pour la pénitence et la charité, à droite une sainte martyre avec sa palme.

De même, le thème de l’Annonciation, très fréquent à l’époque, apparaît avec la représentation de la Vierge et de l’ange Gabriel de part et d’autre du Christ tenant un globe sur le tabernacle en bois doré.

De même aussi les colonnes corinthiennes, peintes en trompe l’œil,  et les têtes d’angelots  font partie de ce décor traditionnel.

L’ensemble est très coloré et théâtral

* La Barre, ancienne dépendance de l’abbaye Saint Nicolas d’Angers est située sur la route de Nantes.

 

 Références bibliographiques

Célestin Port, Dictionnaire historique de Maine-et-Loire,  1874 et 1978.

Chanoine Charles Urseau, Eglises et chapelles d’Anjou, 2011.

Andrée Meslier-Bellard, Montfort.2010

D. Eraud, D. de Maynard, J. Perrin…Retables de la Mayenne, 1990.

                                                      

                                                                                                           Annick Adam 

 

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